Billet de Florence Grivel

Bonsoir la compagnie, Bonjour la vie!

Sans doute a-t-il fallu le passage par la scène pour que les projets de Marie-Aude Guignard se développent hors scène. A bien y regarder, au fond, aujourd’hui tout n’est-il pas potentiellement une scène?
Sur les planches le contrat est clair, tout dépend de quel côté on se situe, spectateur ou acteur.
On reçoit, on donne. On réagit, on agit. On guide, on suit.
Réaction, contre-réaction, et si l’important était ailleurs?
Si la limite entre l’art et la vie s’estompaient?
Marcel Duchamp le précurseur a posé les bases au début du XXème.
Lui emboîtant le pas, au coeur de l’art performatif des années 60, les artistes interrogent le statut de l’art, sa temporalité, sa matérialité, sa spatialité.
Et si c’était le lien entre l’objet art et le regardeur qui faisait oeuvre, qui devenait le sujet?
Exit les socles et autres cimaises, vive l’expérience, ses traces et ses souvenirs.
Le théâtre a lui aussi passé par cette mue.
Plus tard, l’esthétique relationnelle des années 90 va particulièrement activer ces relations.
A cela s’ajoute la tendance actuelle à vouloir exister en tant que protagoniste de sa vie, le désir d’être vus, de participer ensemble à une aventure, de partager.
Participactif, un néologisme qui va bien à l’époque.
Marie-Aude Guignard appartient à son temps, elle en intègre les codes pour mieux questionner ses modes . Ainsi toutes ses propositions aussi variées soient-elles semblent reliées par un même fil (!), une volonté de donner aux publics une voie possible d’innerver leur réel.

Florence Grivel, historienne de l’art et journaliste culturelle